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L’EQUILIBRE SPORTIF DU 16e ARRONDISSEMENT
Notre bel arrondissement possède un joyau, peut-être est-il encore méconnu ?
Un joyau sur le plan sportif naturellement mais également de par sa situation et sa préservation comme un havre de paix « intra-muros » dédié aux habitants du quartier Auteuil – Molitor ; il s’agit – vous l’aurez reconnu – du stade Jean Bouin.
Équipement sportif en concession de la Ville de Paris, qui abrite deux associations omnisports de plusieurs milliers d’adhérents, une société en nom collectif (SNC) et une société anonyme sportive professionnelle (SASP) et qui accueille chaque jour des classes d’élèves des deux grand établissements scolaires du quartier. Tous les éléments modernes de la vie sportive cohabitent à Jean Bouin et s’enrichissent mutuellement de cette diversité ; un équipement qui reste équilibré et harmonieux. La rénovation de cet équipement est certainement souhaitable et pourtant le projet de la Ville de Paris appelle un certain nombre de questions et soulève l’inquiétude des utilisateurs de cet espace unique.
Si la modernisation de la partie tribunes du terrain de rugby, du terrain de hockey et du bâtiment comprenant le gymnase est attendue par tous, le projet de la Ville de Paris comprenant un stade de 18 000 places avec des hauteurs de tribune de 17 mètres, la suppression de la piste d’athlétisme, du terrain de hockey et de quatre courts de tennis, la création d’une galerie marchande de 8 000 m2 – pour 111 millions d’euros annoncés – rencontre l’incompréhension des 5 000 adhérents du Paris Jean Bouin et du Club Athéon ainsi que des scolaires utilisateurs ; sans parler des riverains qui sont également ceux du Parc des Princes. C’est ainsi que le conseil du 16e arrondissement a rejeté ce projet alors que le conseil de Paris l’adoptait quelques jours plus tard…
Au-delà du stade Jean Bouin, au-delà des polémiques partisanes, c’est tout l’équilibre sportif, associatif et la gestion de l’espace dans notre arrondissement qui semblent actuellement remis en cause. Que dire en effet du projet d’extension du stade Roland Garros sur le stade Hébert ? Que devient la plaine de jeux de Bagatelle de plus en plus laissée à son sort ? Et la piscine Molitor… à vingt mètres du stade Jean Bouin, qui n’obtient pas son financement pourtant très en-deçà du projet rugby ? Comment concevoir des terrains sportifs réellement de proximité – comme un terrain de rugby – sur le champ de courses d’Auteuil, sans y associer les clubs de quartiers ?
Notre arrondissement peut apparaître comme privilégié mais il est surtout dynamique et exigeant pour ces enfants, avec une demande croissante pour une pratique sportive liée à la santé, au bien être et aux valeurs d’équilibre qu’elle favorise, y compris la compétition. Il nous manque deux gymnases, deux terrains de football aux normes, une piste d’athlétisme, une aire de lancer long… et des équipements sportifs très déficitaires dans le nord de l’arrondissement.
Seule une vision équilibrée, associant la population et les associations sportives de quartiers – dont plusieurs ont une dimension nationale – est de nature à préserver l’engouement pour la pratique sportive et pour sa valeur sociale, pour le bien de tous au sein d’un arrondissement qui veut rester chaleureux et proche des ses habitants.
Ecrit en collaboration avec
Yves HERVOUET DES FORGES
Président de l’OMS du 16e
Vice-président des OMS de Paris
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