Depuis le
milieu des années 70, la conception particulière selon
laquelle le départ des seniors de l'emploi dégagerait
des emplois a été largement partagée à
tous les niveaux de la société et s'est manifesté
au travers de la mise en uvre d'une série de mesures
de protection sociale visant à encourager les travailleurs
âgés à quitter la vie active.
Ce consensus a malheureusement conduit
à un abaissement du taux d'emploi des seniors sans pour autant
créer de l'emploi pour les jeunes.
En effet, le maintien en activité
des travailleurs âgés joue en faveur de l'emploi de
leurs cadets.
La question de l'emploi des seniors
appelle à un véritable changement de mentalité
de la collectivité entière et une remise en cause
des comportements de sélectivité dans le marché
du travail.
Cette évolution est d'autant
plus urgente que la France, va devoir faire face dans les décennies
à venir, au vieillissement de sa population, et donc à
un poids croissant des plus âgés dans la société.
Fort de ce constat, une récente
étude de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris a
formulé différentes propositions pour améliorer
l'accès à l'emploi des " plus de 50 ans ".
En effet, avec un taux d'emploi
des 55-64 ans de 37% seulement, la France accuse un sérieux
retard et va être contrainte de mettre les bouchées
doubles si elle veut atteindre l'objectif européen avec un
taux d'emploi supérieur à 50% en 2010 !
Deux grands champs d'action sont
proposés par la CCIP, dont certains sont d'ailleurs déjà
repris dans le plan gouvernemental :
- d'abord le relèvement du
taux d'activité des seniors grâce à un aménagement
d'un cadre juridique plus favorable, la levée des obstacles
financiers entravant le retour à l'emploi de seniors et l'amélioration
des conditions de travail des salariés âgés.
- ensuite l'accompagnement de la
transition entre le statut d'actif et de retraite par la réforme
des règles de cumul emploi retraite et l'assouplissement
des dispositions d'aménagement des fins de carrière.
Après la révolution
culturelle qui, dans notre pays, a beaucoup joué sur les
retraites anticipées au cours des trente dernières
années, il est indispensable qu'une nouvelle révolution
permette aux seniors de poursuivre une activité en privilégiant
le critère des compétences sur celui de l'âge.
C'est à ce prix que l'équilibre
social et économique français sera retrouvé
dans un esprit de solidarité.

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