En étant passé de
quinze à vingt-cinq membres le 1er mai 2004, l'Union Européenne
a franchi une étape historique, avec une poussée
de croissance sans précédent puisqu'elle réunit
désormais quelque 453 millions d'habitants contre 376 précédemment.
Cette date est avant tout une
extraordinaire revanche sur l'histoire pour les peuples européens
partagés pendant toute la guerre froide en deux camps ennemis
irréductibles.
Bien sûr, il est trop tôt
pour savoir si ce changement de dimension débouchera sur
un changement de nature de l'Europe. Mais il est certain que ce
cinquième élargissement de l'Union aura des conséquences
extrêmement importantes dans la construction européenne.
A l'évidence, le fossé
économique et social immense qui sépare les anciens
pays de l'Union Européenne des pays entrants, pesant mois
de 5% du PIB de l'Union, constitue un défi gigantesque.
Mais au delà de cette analyse,
force est de constater que depuis la construction de l'euro, l'Europe
est en manque de projet, ce qui fait qu'elle n'est plus capable
de répondre aux enjeux de la mondialisation et définir
les nouvelles politiques dont elle a besoin.
Si l'Europe veut exister au XXIème
siècle, elle ne doit pas se limiter aux acquêts,
surtout face aux puissances économiques et politiques de
demain que sont la Chine ou l'Inde.
Ce projet européen pourrait
s'articuler autour de trois axes : d'abord une Europe de croissance,
ensuite une Europe de la solidarité, enfin une Europe engagée
en faveur du développement durable.
L'Europe doit donc dépasser
ses blocages actuels pour devenir un vrai laboratoire de la mondialisation
maîtrisée.
Comme dans d'autres pays, les
Français veulent être consultés directement
en se prononçant par référendum à
propos de l'entrée dans l'Union de pays comme la Bulgarie
et la Roumanie prévue en 2007, mais aussi celle de la Turquie
et de la Serbie pour lesquelles aucune échéance
n'est encore fixée.
Il en est de même pour l'adoption de la future constitution
de l'Europe des vingt-cinq pour laquelle, le rappelait récemment
le Président Giscard d'Estaing, " Consulter les Français
sur ce sujet est un risque raisonnable et positif et que l'on
aurait raison de prendre " observant que " toutes les
constitutions en France ont été adoptées
par référendum ".
C'est de toutes ces questions qu'il nous faudra débattre
dans les mois à venir pour que chaque citoyen ait le sentiment
de participer réellement à cette étape historique
qu'est l'élargissement de l'Europe.